Tu m'avais offert ce journal intime pour mon dixième anniversaire et je t'avais demandé ce à quoi il pouvait bien me servir...
Un journal intime c'est un ami, un confident, m'avais-tu repondu.
On lui confie ses bonheurs et ses chagrins.Ses secrets aussi.
C'est un ami fidèle et muet qui jamais ne te trahira.Et lorsque j'avais répliqué que toi tu étais déjà cet ami, ce confident, et que je n'avais nullement l'intention de te remplacer ni par un stylo ni par un cahier, ton regard s'était légèrement voilé puis, m'effleurant la joue de ta main pâle, tu m'avais dit:"Je ne suis qu'une amie et je ne serai pas toujours là."
A plusieurs reprises, j'ai été tentée de prendre mon journal pour y écrire les événement majeurs de ma petite vie collégienne pour y parler de mes coups de coeur et de mes coups de haine aussi.Mais, à chaque fois, mon stylo est resté suspendu au-dessus de la page blanche, muet.Sans doute parce que les gens heureux n'ont rien à raconter, comme tu te plaisais à me le répéter. Je n'avais pas vraiment compris à l'époque le sens de cette petite phrase.Il me semble si clair,à présent.
Parfois, je suis prise d'une horrible angoisse: j'ai peur de ne pas t'avoir dit assez souvent combien je t'aimais.
Je crois qu'on ne pense jamais à le dire assez à ceux qu'on aime.
[pour une amie qui mes très cher]